
À Douala, l’UNIFFAC relance son ambition : l’arbitrage comme levier du renouveau du football d’Afrique centrale
Longtemps critiquée pour son manque de dynamisme, l’Union des fédérations de football d’Afrique centrale (UNIFFAC) veut tourner la page. À Douala, où 31 arbitres et arbitres assistants FIFA issus des huit associations membres participent à un séminaire de renforcement des capacités du 7 au 10 juillet, l’organisation sous-régionale affiche une nouvelle ambition : reconstruire son influence en misant sur la formation, l’excellence technique et une gouvernance plus inclusive.
Sous la présidence du Directeur exécutif de l’UNIFFAC, Hasan Bala Korei, entouré de René Daniel Louzaya, président de la Commission des arbitres de l’UNIFFAC, la cérémonie d’ouverture organisée à l’Hôtel Vallée des Princes de Bessengue n’avait rien d’un simple rendez-vous protocolaire. Elle marque le lancement d’un chantier plus vaste : celui de la professionnalisation de l’arbitrage en Afrique centrale.
Pendant quatre jours, les officiels FIFA alterneront tests physiques, mises en situation, analyses techniques et enseignements théoriques afin d’actualiser leur lecture des Lois du jeu et de répondre aux exigences des prochaines compétitions de la Confédération africaine de football (CAF) et de la FIFA.
« Nous voulons renforcer les capacités de nos arbitres afin de mieux les préparer aux compétitions de notre zone, mais aussi à celles organisées par la CAF », résume René Daniel Louzaya, également membre de la Commission des arbitres de la CAF.
Le contenu de la formation reflète les évolutions récentes de l’arbitrage mondial. Les participants approfondissent les situations de jeu qui alimentent régulièrement les controverses : fautes de main, tacles, hors-jeu, incidents dans la surface de réparation ou encore gestion disciplinaire.
« Plusieurs modules seront développés autour des challenges, des fautes de main, du hors-jeu, des incidents dans la surface de réparation et bien d’autres aspects techniques. Notre seul regret est de ne pas pouvoir travailler sur la VAR, faute de disposer des équipements nécessaires », précise René Daniel Louzaya.
Le signal d’un changement de cap
Au-delà des aspects techniques, ce séminaire traduit un changement de méthode au sein de l’UNIFFAC.
Pour Nagou Aimé, directrice du développement du football en Afrique centrale, cette initiative illustre la volonté de la nouvelle équipe dirigeante de remettre l’institution au cœur du développement régional.
« L’UNIFFAC est aujourd’hui engagée dans un véritable processus de redynamisation. Depuis plusieurs années, beaucoup estimaient que notre union ne progressait plus. Avec le nouveau Directeur exécutif, nous multiplions désormais les activités de développement, les formations et les compétitions afin de redonner toute sa place au football d’Afrique centrale. »
Dans une région où les difficultés organisationnelles ont souvent freiné le développement du football, la montée en compétence des acteurs apparaît désormais comme un axe stratégique.
L’arbitrage féminin sort de l’ombre
Mais l’autre image forte de ce rassemblement est sans doute la présence remarquée des femmes arbitres.
Contrairement aux précédentes éditions, l’UNIFFAC a volontairement modifié les critères de sélection en imposant aux fédérations membres de présenter autant de femmes que d’hommes.
« Habituellement, lorsque nous adressions une circulaire aux associations membres, nous constations une très forte majorité d’hommes parmi les candidats. Cette année, nous avons envoyé deux circulaires distinctes : l’une demandant deux femmes par association, l’autre deux hommes. C’est pourquoi nous enregistrons aujourd’hui une participation féminine beaucoup plus importante. »
Pour Nagou Aimée, cette décision dépasse la simple logique statistique.

« C’est un véritable motif de satisfaction. Les femmes ont leur place dans l’arbitrage de haut niveau et l’UNIFFAC entend leur offrir les mêmes opportunités de progression que leurs collègues masculins. »
Dans un contexte où la CAF encourage une représentation plus équilibrée dans toutes les composantes du football, cette orientation pourrait faire école au sein des autres unions zonales du continent.
Faire de l’arbitrage un marqueur de crédibilité
L’enjeu dépasse la seule formation de 31 officiels FIFA. Pour l’UNIFFAC, il s’agit de bâtir un vivier d’arbitres capables d’évoluer au plus haut niveau et d’accompagner la montée en puissance des compétitions régionales.
Car, dans le football moderne, la qualité de l’arbitrage est devenue un indicateur de crédibilité institutionnelle. Les erreurs d’interprétation coûtent désormais aussi cher en image qu’en résultats sportifs.
En choisissant Douala comme point de départ de cette nouvelle dynamique, l’UNIFFAC envoie un message à ses huit associations membres : le renouveau du football d’Afrique centrale ne passera pas uniquement par les joueurs ou les infrastructures, mais aussi par la compétence de celles et ceux qui veillent au respect des règles du jeu.
L’arbitrage, longtemps considéré comme un simple rouage des compétitions, devient ainsi l’un des piliers de la stratégie de reconstruction de l’institution sous-régionale.
Regards237/Etienne MONTHE
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