VIH/Sida : le Cameroun lance la PrEP injectable au cabotégravir, une avancée majeure pour la prévention en Afrique centrale

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VIH/Sida : le Cameroun lance la PrEP injectable au cabotégravir, une avancée majeure pour la prévention en Afrique centrale

Le Cameroun veut changer de braquet dans sa stratégie de lutte contre le VIH/Sida. Jeudi 9 juillet 2026, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a officiellement lancé à Douala, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) injectable au cabotégravir, une innovation thérapeutique appelée à transformer la prévention du VIH chez les personnes les plus exposées au risque d’infection.

Cette avancée intervient dans un contexte où, malgré des progrès significatifs enregistrés ces dernières années, le Cameroun continue de notifier près de 21 000 nouvelles infections chaque année, confirmant que l’épidémie demeure un défi majeur de santé publique.

Le Cameroun parmi les pionniers de la prévention nouvelle génération

Avec l’introduction du cabotégravir injectable, le Cameroun rejoint le cercle encore restreint des pays africains qui déploient cette nouvelle génération d’outils de prévention recommandés au niveau international.

Contrairement à la PrEP orale, qui impose une prise quotidienne, le cabotégravir est administré par injection intramusculaire. Après deux doses initiales, une injection tous les deux mois suffit pour assurer une protection durable contre le VIH, améliorant considérablement l’observance thérapeutique, principal défi des stratégies de prévention classiques.

Pour les autorités sanitaires, cette innovation représente un changement de paradigme, notamment pour les populations qui peinent à suivre un traitement quotidien ou qui souhaitent une solution plus discrète et plus efficace.

503 000 personnes vivent encore avec le VIH

Profitant de cette cérémonie, le ministre Manaouda Malachie a dressé un état des lieux préoccupant de l’épidémie au Cameroun.

Les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 estiment à 503 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le pays.

Si la prévalence nationale chez les personnes âgées de 15 à 49 ans est passée de 3,4 % en 2017 à 2,6 %, les nouvelles contaminations demeurent élevées.

« Près de 21 000 nouvelles infections sont enregistrées chaque année au Cameroun », a rappelé le ministre.

Les femmes restent les principales victimes de l’épidémie, avec une prévalence de 3,6 %, contre 1,6 % chez les hommes. Les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans continuent de concentrer une part importante des nouvelles infections, confirmant leur vulnérabilité persistante.

Une réponse pour atteindre les objectifs de 2030

L’introduction du cabotégravir injectable s’inscrit dans la stratégie nationale visant à accélérer la réduction des nouvelles infections et à rapprocher le Cameroun des objectifs fixés par l’ONUSIDA : mettre fin au VIH comme menace de santé publique à l’horizon 2030.

Pour les autorités, cette innovation ne constitue pas seulement une avancée médicale. Elle marque également une évolution majeure des politiques de prévention en Afrique centrale, où les défis d’accès aux soins, de stigmatisation et d’observance thérapeutique continuent de freiner les efforts de lutte contre l’épidémie.

Un signal fort pour l’Afrique centrale

La cérémonie de lancement a réuni à Douala les responsables du ministère de la Santé publique, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile ainsi que les professionnels de santé engagés dans la riposte contre le VIH/Sida.

Au-delà des frontières camerounaises, cette décision envoie un signal fort à l’ensemble de la sous-région. En misant sur les innovations biomédicales pour renforcer la prévention, le Cameroun ambitionne de devenir l’un des moteurs de la nouvelle stratégie africaine de lutte contre le VIH, dans un contexte où la réduction des nouvelles contaminations reste l’un des principaux défis sanitaires du continent.

Regards237/Etienne MONTHE
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