
ONU : vers une reconnaissance historique de la traite négrière comme crime majeur contre l’humanité
L’Organisation des Nations unies s’apprête à franchir un cap symbolique majeur. Ce mercredi, Organisation des Nations unies (ONU) examine un projet de résolution visant à reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme « le crime le plus grave contre l’humanité ».
Portée par le Ghana, avec l’appui de Union africaine, cette initiative marque une volonté affirmée du continent africain de faire entendre sa voix sur une question historique majeure. Depuis Accra, les autorités ghanéennes ont appelé, lundi, les États membres à soutenir ce texte à forte portée mémorielle et politique.
Face aux réserves exprimées par certains pays, craignant une hiérarchisation des crimes historiques, le représentant permanent du Ghana auprès de l’ONU, Samuel Yao Kumah, a tenu à clarifier la portée de la résolution. Selon lui, il ne s’agit nullement d’établir une échelle de gravité entre les atrocités, mais de reconnaître un processus historique spécifique ayant profondément remodelé les sociétés modernes.
« Chaque atrocité – génocide, apartheid, violences coloniales – demeure pleinement condamnée. La résolution vise simplement à nommer un mécanisme historique qui a structuré le monde tel que nous le connaissons », a-t-il souligné.
Entre le XVe et le XIXe siècle, plus de 12 millions d’Africains ont été arrachés à leur terre et déportés vers les Amériques et les îles atlantiques, dans le cadre de la traite transatlantique. Plus d’un million d’entre eux ont péri durant la traversée, faisant de cette période l’une des plus sombres de l’histoire de l’humanité.
Pour le Ghana, l’enjeu dépasse la simple reconnaissance historique. Il s’agit d’un acte de mémoire et de justice. « Soutenir cette résolution n’est pas une accusation, mais un acte de reconnaissance », a insisté Samuel Yao Kumah, évoquant la nécessité pour la communauté internationale d’assumer son passé et d’en tirer des leçons durables.
L’examen de ce texte intervient à la veille de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, célébrée chaque 25 mars, renforçant ainsi la portée symbolique de cette initiative.
Si elle est adoptée, cette résolution pourrait constituer un tournant dans la reconnaissance internationale des crimes liés à l’esclavage, tout en ravivant les débats sur la mémoire, la justice et les réparations à l’échelle mondiale.
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