ONU : Macky Sall porté par le Burundi, l’Afrique avance ses pions pour 2027

ONU : Macky Sall porté par le Burundi, l’Afrique avance ses pions pour 2027

La course à la succession du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) s’intensifie. L’ancien chef d’État sénégalais Macky Sall vient d’être officiellement désigné par la République du Burundi pour briguer le poste le plus élevé de l’instance multilatérale, dont le prochain mandat débutera le 1er janvier 2027.

L’annonce a été confirmée lundi au siège des Organisation des Nations unies par la porte-parole de l’Assemblée générale, précisant que le président de l’organe plénier a bien reçu la candidature de l’ancien dirigeant sénégalais dans le cadre du processus officiel de sélection.

Une candidature à forte portée continentale

Selon une source proche du candidat, cette désignation s’inscrit dans une dynamique panafricaine. Le Burundi assure actuellement la présidence de l’Union africaine, et entend impulser une approche concertée pour renforcer la représentation du continent dans les hautes sphères décisionnelles mondiales.

Durant son mandat à la tête de l’Union africaine (2022-2023), Macky Sall avait multiplié les plaidoyers pour une meilleure prise en compte des intérêts africains, notamment sur les questions de dette, de financement du développement, de sécurité alimentaire et de transition énergétique. Des thématiques au cœur des équilibres économiques mondiaux, dans un contexte marqué par la fragmentation géopolitique et la pression sur les finances publiques des pays émergents.

Enjeux économiques et crédibilité internationale

L’ancien président sénégalais (2012-2024) met en avant son expérience de gestion d’un pays en croissance et son implication dans les grands dossiers macroéconomiques africains. Toutefois, son bilan est aujourd’hui discuté à Dakar. Le gouvernement sénégalais actuel accuse l’ancienne administration d’avoir minoré l’ampleur des déséquilibres budgétaires hérités.

Ces controverses internes pourraient peser dans l’arbitrage diplomatique, alors que la gouvernance financière, la transparence et la soutenabilité de la dette figurent parmi les priorités stratégiques de l’ONU pour la prochaine décennie.

Une compétition déjà engagée

Macky Sall rejoint une liste de candidats de poids. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet est officiellement en lice, tout comme le diplomate argentin Rafael Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le Costa Rica a par ailleurs proposé la candidature de Rebeca Grynspan, dont la lettre officielle reste attendue.

Plusieurs États militent activement pour l’accession d’une femme au poste de secrétaire général, une première dans l’histoire de l’organisation.

Un processus hautement stratégique

Le processus de sélection, lancé en novembre dernier, prévoit que chaque candidat soit formellement présenté par un État ou un groupe d’États. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit entamer les consultations d’ici fin juillet. C’est sur sa recommandation que l’Assemblée générale procédera ensuite à l’élection pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

Au-delà des équilibres diplomatiques, cette élection cristallise des enjeux économiques majeurs : réforme de la gouvernance mondiale, financement des Objectifs de développement durable (ODD), gestion des crises énergétiques et climatiques.

Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall, portée par un État africain et adossée à un argumentaire continental, marque une nouvelle étape dans l’affirmation stratégique de l’Afrique sur l’échiquier multilatéral.

Regard237/Etienne MONTHE

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