OMC : Yaoundé referme des négociations sans consensus majeur

OMC : Yaoundé referme des négociations sans consensus majeur

Les travaux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont achevés, tôt lundi dans la capitale camerounaise, sur une note d’inachevé. Après plusieurs jours d’intenses tractations, les ministres du Commerce des 166 États membres n’ont pas réussi à s’accorder sur les dossiers clés, notamment la réforme de l’institution, l’agriculture et le commerce électronique.

Au cœur des blocages, la question du moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques. En vigueur depuis 1998, ce dispositif empêchait jusque-là l’imposition de taxes sur les échanges numériques transfrontaliers. Faute d’entente, il a expiré, marquant un revers notable pour les économies avancées, en particulier les États-Unis, favorables à sa pérennisation.

Malgré cette issue, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a salué « l’engagement soutenu » des délégations, mettant en avant la qualité des échanges ayant animé les discussions dans la capitale camerounaise. Initialement prévues pour s’achever dimanche, les négociations se sont prolongées jusqu’aux premières heures de lundi, rythmées par des sessions nocturnes destinées à arracher un compromis de dernière minute.

Un espoir rapidement dissipé par la persistance de divergences profondes. Le Brésil a notamment fait obstacle à l’adoption du texte relatif au commerce électronique, dénonçant l’absence d’avancées significatives sur le dossier agricole, un sujet sensible qui cristallise depuis des années les tensions entre pays développés et en développement.

En dépit de leur importance stratégique pour de nombreuses économies, les questions agricoles continuent de diviser les membres de l’organisation. Cette impasse illustre les difficultés structurelles de l’OMC à progresser sur des sujets essentiels, dans un contexte international marqué par la montée du protectionnisme et les incertitudes économiques liées aux crises géopolitiques.

Parallèlement, les discussions ont porté sur la nécessité de réformer une institution fragilisée par l’enlisement des négociations. Fondé sur le principe du consensus, le fonctionnement de l’OMC complique l’adoption de décisions majeures, rendant les réformes d’autant plus urgentes pour préserver son rôle dans la régulation du commerce mondial.

Un compromis autour d’une prolongation du moratoire semblait pourtant à portée de main. Tandis que certains pays proposaient une extension de cinq ans, le Brésil a défendu une durée plus courte de deux ans, contribuant à l’échec des pourparlers.

En dépit de l’expiration du moratoire, les États membres conservent la latitude de ne pas appliquer de droits de douane sur les échanges numériques, qui englobent des services variés tels que les livres électroniques, la musique ou encore la télémédecine. Une marge de manœuvre qui, toutefois, laisse planer des incertitudes sur l’avenir du commerce numérique à l’échelle mondiale.

Regards237/Etienne MONTHE

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