Désignation d’un nouveau chef à Babenga : le maire de Dibombari fait des mises au point

Désignation d’un nouveau chef à Babenga : le maire de Dibombari fait des mises au point

La controverse autour de la désignation d’un nouveau chef de 3ᵉ degré dans le village Babenga, arrondissement de Dibombari, continue d’alimenter les débats au sein de la communauté. Face aux accusations et incompréhensions relayées ces derniers jours, le maire de Dibombari, Justin Bejedi N., est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications sur une procédure qu’il qualifie de « conforme aux textes en vigueur ».

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Au cœur du différend : l’application du décret présidentiel n°77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles. Selon plusieurs notables et chefs de familles, les dispositions de ce texte auraient été ignorées lors de la désignation contestée de l’ancien chef, notamment en ce qui concerne les critères d’aptitude physique, mentale et d’instruction minimale exigés à l’article 8.

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D’autres griefs, évoqués dans un procès-verbal dressé par la famille Bonamatobe en avril 2024, font état d’irrégularités graves : méconnaissance des us et coutumes locaux, gestion opaque du foncier, abus d’autorité, ainsi que des atteintes aux biens communautaires. Ces accusations ont conduit à une rupture entre une frange importante de la notabilité traditionnelle et l’ancien chef.

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Mais pour le maire de Dibombari, il convient de lever toute équivoque. « Il n’y a jamais eu destitution. L’administration a simplement retiré l’homologation du chef au regard de son comportement », précise-t-il. Une nuance importante, qui situe la décision dans le cadre strict des prérogatives administratives.

L’édile défend également l’action du sous-préfet de Dibombari, qu’il juge « irréprochable dans ce dossier ». Selon lui, les procédures ont été respectées, notamment en ce qui concerne les consultations nécessaires prévues par les textes. « Les contestations ont montré que l’autorité administrative avait été induite en erreur au départ. Il fallait donc corriger », explique-t-il.

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Sur la question sensible du foncier, le maire évoque plusieurs litiges ayant opposé l’ancien chef à des familles du village. Des accusations de ventes irrégulières de terrains, notamment dans la zone de Gabsia, ainsi que la rétention de titres fonciers, auraient conduit à des actions en justice devant les juridictions compétentes, notamment à Mbanga. « Des ayants droit réclamaient leurs biens pendant que d’autres transactions étaient engagées en parallèle », souligne-t-il.

Dans ce contexte tendu, les autorités administratives ont engagé un processus de concertation avec les forces vives du village. L’objectif : restaurer l’ordre coutumier et désigner un nouveau chef légitime, conformément à l’article 10 du décret de 1977.

Concernant le choix porté sur le nouveau chef, issu de la famille Tobo, le maire insiste sur la légitimité dynastique. « Il appartient à la lignée régnante. Son grand-père et son arrière-grand-père ont exercé la chefferie. Cela correspond aux pratiques coutumières en vigueur à Dibombari », affirme-t-il, rappelant que la succession traditionnelle repose aussi sur l’héritage familial reconnu.

Alors que certains continuent de dénoncer des irrégularités dans la procédure, les autorités locales appellent à l’apaisement et à la cohésion sociale. Pour Justin Bejedi, « la stabilité du village passe par le respect des institutions, des traditions et des lois de la République ».

En toile de fond, cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre légitimité coutumière, encadrement administratif et enjeux fonciers, dans une région où la terre demeure un facteur central de crispation. À Babenga, l’enjeu est désormais de tourner la page de la crise et de reconstruire un consensus autour d’une autorité traditionnelle reconnue de tous.

Regards237/Etienne MONTHE

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