Nigeria : l’ex-ministre de la Justice Abubakar Malami inculpé pour terrorisme et fraude

Nigeria : l’ex-ministre de la Justice Abubakar Malami inculpé pour terrorisme et fraude

L’ancien ministre nigérian de la Justice, Abubakar Malami, est désormais au cœur d’une tempête judiciaire. Il doit comparaître devant la Haute Cour fédérale d’Abuja pour des accusations de terrorisme et de fraude, dans une affaire qui secoue l’élite politique du pays.

Mardi, la justice nigériane a officiellement inculpé l’ex-procureur général, en fonction de novembre 2015 à mai 2023 sous l’administration de Muhammadu Buhari. Il est accusé d’avoir « sciemment » facilité le financement du terrorisme en refusant d’engager des poursuites contre des suspects dont les dossiers avaient été transmis à son ministère. Parallèlement, il fait face à de lourdes allégations de crimes financiers.

Déjà fragilisé, Malami avait été poursuivi avec son épouse et son fils pour blanchiment d’argent portant sur 8,7 milliards de nairas (près de 6 millions $). Dans ce nouveau dossier, il est également inculpé aux côtés de son fils Abdulaziz pour détention illégale d’armes et de munitions. Tous deux ont plaidé non coupables. Libéré sous caution dans l’affaire de blanchiment, l’ancien ministre a été de nouveau arrêté peu après sa remise en liberté.

Cette procédure intervient dans un contexte sécuritaire explosif. Depuis plus de quinze ans, le Nigeria est confronté à une insurrection meurtrière ayant fait plus de 40 000 morts et déplacé près de deux millions de personnes.

La vague judiciaire touche également d’autres figures majeures. L’ex-gouverneur de l’État de Kaduna, Nasir El-Rufai, est jugé pour cybercriminalité et atteinte à la sécurité de l’État, une audience reportée au 23 avril en raison d’une enquête parallèle menée par l’agence anticorruption.

Ces poursuites illustrent la pression croissante sur la gouvernance. Selon l’indice de perception de la corruption 2025 publié par Transparency International, le Nigeria obtient un score de 26/100 et se classe 142e sur 182 pays, confirmant la persistance de la corruption comme défi majeur pour la première économie d’Afrique.

Regard237/Etienne MONTHE

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