
Surtaxe mondiale de Trump : l’Afrique du Nord sous le choc commercial
Un nouveau coup de tonnerre commercial venu de Washington ébranle l’Afrique du Nord. Après le revers infligé par la Cour suprême des États-Unis à ses premiers tarifs douaniers, Donald Trump riposte avec une surtaxe mondiale uniforme de 15% sur toutes les importations. Une décision qui rebat les cartes et plonge les économies maghrébines dans une incertitude stratégique.
Baptisée par certains analystes « Big Bang tarifaire », la mesure s’appuie sur la Section 122 du Trade Act de 1974. Elle impose un prélèvement additionnel, cumulatif aux droits existants. Autrement dit, même les produits jusque-là exonérés sont désormais concernés. Pour les partenaires des États-Unis, c’est un séisme commercial qui pourrait renchérir les coûts, freiner les exportations et redistribuer les avantages compétitifs.
Au Maroc, l’alerte est maximale. Depuis 2006, l’accord de libre-échange avec Washington garantissait un accès privilégié, notamment pour le textile et l’industrie. Avec ce nouveau dispositif, ce bouclier s’effrite. Sans exemption rapide, Rabat pourrait perdre un avantage historique et voir ses exportations menacées face à des concurrents à bas coûts. Les milieux d’affaires redoutent déjà un ralentissement des commandes et un repositionnement stratégique.
À l’inverse, l’Algérie et la Tunisie enregistrent un soulagement prudent. Les anciennes grilles tarifaires prévoyaient des pénalités proches de 30%. La nouvelle surtaxe, bien que lourde, apparaît comme une réduction relative. Pour les exportateurs d’énergie et d’huile d’olive, la pression diminue, mais le niveau reste supérieur aux conditions commerciales normales.
Les regards sont désormais tournés vers les décrets d’application et les possibles exemptions sectorielles. Le roi Mohammed VI pourrait mobiliser ses relais diplomatiques à Washington afin de préserver les intérêts stratégiques du Royaume.
Temporaire pour 150 jours, la Section 122 pourrait toutefois devenir un levier de négociation commerciale agressive. Entre diplomatie économique et rivalités industrielles, ce tournant protectionniste annonce une recomposition accélérée des flux commerciaux et des alliances économiques au Maghreb. Un nouveau bras de fer qui s’annonce décisif pour la compétitivité et l’attractivité de la région.
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